Trois semaines se sont écoulées depuis le premier écrit; quatre depuis les premiers mots qui m'ont agenouillé. La conversation avait commencé par la demande d'un envoie d'une jolie musique « Wherever you Will Go » qui avait attiré son attention.
Depuis je cherche à passer, quémander, gratter comme un mendiant une heure voir deux au mieux en sa compagnie, chose non aisée relevant plus du parcours du combattants que d'une autre activité.
Trois semaines que mes yeux se cernent, car mon sommeil n'est plus aussi réparateur qu'avant, car je vais la voir dans mes rêves. Ces endroits ou mes yeux sont clos mais ou mon esprit est bien ouvert, éveillé, en ébullition.
Je rêve; je combats l'insipide vie qui m'étreint quand « elle » n'est pas là. L'insipide se dit des aliments amers, sans saveurs, fades; mais moi c'est ma vie qui l'est, acre, et vide se sens, sauf quand mes rêves me rappellent à « elle »... sans saveur sans son odeur. Nul de sens ! Néant, les abîmes... l'insipide c'est une vie sans « elle ». Même sans être avec « elle » il me faut la voir; « elle » fait respirer mon c½ur...
Rêve 1:
Luc, Kelly -mon couple d'ami favoris- « elle » moi, dans un décors froid, presque glacial, à ciel ouvert, probablement en hiver mais ou aucun de nous ne semblait souffrir du climat. Nous ne ressentions rien... plus le froid. Une absence de sensations, qui me fit remarquer que s'était un rêve, « elle » s'était enlacée à moi, chose qui n'était pas prêt d'arriver dans la réalité. Tous les quatre appuyés sur une voiture -probablement celle de Luc- comme deux couples d'amis au vu des autres, comme si cela nous était habituel.
Plus bizarre de surcroît nous semblions jeunes à jamais, comme emprisonnés par le temps, son sourire figé sur son visage lorsqu' « elle » souriait; bien plus que dans la réalité il fallait en convenir. Du rêve à la réalité je préférais passer de l'un à l'autre quitte à ne me nourrir que d'illusion.
Nous éternels, immortels, « elle » avec moi plus que parfait... mais moins que la scène qui suivit « elle » déposait un baiser sur ma joue, dans un élan naturel d'affection mutuel et réciproque. Essayant de jouer avec ce rêve cadeaux de mes songes et de mes désirs profonds, je voulais prendre le contrôle pousser ce rêve dans ces derniers retranchements les plus étroits dont il disposait.
Je luttais, j'aurai voulu lui rendre son baiser également sur sa joue,... rien que sa joue, mais la situation m'échappait, je ne contrôlais pas les images. Je voulu tourner la tête, je m'y efforçais; « elle » me regarda comme pour me reprocher de ne pas me satisfaire de cela mes lèvres tendues, voulaient sa joue, sa peau, son odeur.
Je bouge, je sens mon corps, les images s'interférèrent, elles se mélangent, s'effacent ; l'effacent.... Puis mes yeux s'ouvrent; « elle » n'est plus. Mon désir de lui rendre l'affection dont « elle » était capable dans ce rêve venait de me l'enlever.
Disparue, l'insipide reprend sa place après avoir laisser s'estomper ce rêve merveilleux et ses souvenirs pour devenir plaies et cicatrices béantes sur mon c½ur en sachant qu'il aurait surment duré plus longtemps si je m'étais contenu.
Rêve 2 :
Il remonte à une semaine; le mercredi après-midi après la révélation faite à Solenne. J'avais une fois de plus rêvé d' « elle » mais trop confusément pour qu'il soit le numéro 1 du « top trois » de ces rêves les plus radieux, la concernant [...].
Dans ce rêve je lui parlais... cela est certes une chose quotidienne et banale pour les autres me dira-t-on, mais [...] n'étant pas très loquasse comme dit précédemment « elle » n'était pas du genre à s'engager dans de longues conversations, ce qui rendait ce moment privilégié et presque unique. Dans la réalité quand « elle » ne parlait pas je m'efforçais de lui faire dire trois mots pour avoir la satisfaction d'entendre sa voix même si je ne pouvais rien répondre à ces mots, « elle » me disait comme surprise d'une telle demande:
- Chien, enfant, chocolat... hum un autre maquillage.
De quoi rire de ma demande pathétique et de ses réponses données; voila pourquoi parler avec « elle » même en rêve était acceptable et provenait une fois de plus du pays des songes qui m'avait de nouveau étreint.
Lors de notre longue conversation j'avais revu et revécu tout ce qu' « elle » m'avait appris d' « elle ». Nous étions dans un endroit ordinaire, paysage que l'on trouve dans chaque petit village, une route de terre sèche jonchée par des graviers en son centre, bordée d'arbres et de maisonnées au loin; un petit décor charmant avec « elle ». La banalité dans tous les domaines sauf celui de l'Aimer. J'aurai aimer me blottir contre « elle » mais j'avais peur d'essayer, d'influencer mon rêve et de le perdre comme précédemment. Dé fois il vaut mieux se contenter d'observer que d'essayer d'influencer les actions à venir.
-[...] je t'Aime !
Phrases dignes d'un rêves en les prononçant je savais que j'influençais le rêve mais avec retenu néanmoins. Les mots j'y avais le droit, les actions m'étaient proscrites et me réveillaient. Cette phrase que je voulais tant lui dire dans notre réalité ne sortait que dans cette intimité de la rêverie. «Elle » se rapprocha comme si de rien était et comme si mes mots n'avaient jamais été prononcés, m'étreignant et de se fait me plongeant dans ses yeux avant d'ouvrir les miens, s'était « elle » qui avait rompu le charme comme si j'avais été trop loin une fois de plus, ... les mots qui me délivraient et auquel j'eusse été certain qu' « elle » ne leur prêtait guère attention, se révélèrent en faite les décisionnaires de la chute.
[...] avait déserté mes rêves, l'insipide reprenant sa place; mais j'avais parlé avec « elle » et pris le contrôle de ce rêve; le modeler à ma façon, certes je me réveillais mais y participer était mieux que de se contenter d'assister à ce film que me donnait mon imagination.
Rêve 3 :
Il date de lundi. Tout proche il va sans dire; mais le plus marquant, le meilleur, cour, précis, efficace « elle » m'a tué, [...] m'a tué. Ensuite ; épuisé par mon manque de sommeil mon rêve vient frapper à la porte de mon esprit, Je lui ouvre car c'est « elle » que je reçois.
Pris au dépourvu par sa beauté naturelle je m'effondre au fin fond de ce gouffre dans lequel « elle » m'a attiré. Nous au milieu de nul par mais au centre de tout car nous ne sommes qu' « elle » et moi. Je me contrôle, je ne fais rien je reste à ma place dans le creux de ses bras, je ne prend pas d'initiative. Mon esprit me fait sentir son odeur comme si « elle » était véritablement là, présente. Mon sens du touché était réel, tout n'était palpable, je n'étais plus si sur de rêver. Je pouvais la caresser, laisser mes mains aller sur son corps, caresser ses cheveux, laisser hasarder mes doigts sur ses lèvres et y sentir son souffle apaiser mon Ame.
J'embrassais ses mains et déposais un baiser au creux de son cou en y laissant traîner volontairement mes lèvres assez longtemps pour savourer le goût de sa peau, l'odeur qui s'en dégageait. Mon rêve me satisfaisait il n'y avait aucun doute. J'étais plus qu'aux anges, le paradis à cotés n'avait guère de signification.
Fallait il que j'essaie d'en vouloir plus encore ou fallait il que je me maîtrise moi et mon désir de toucher ses lèvres des miennes. Oui me maîtriser était la meilleure solution. Ce rêve était magnifique, il ne pouvait périr ainsi dans un élan d'impulsivité fougueux de ma part.
Je ne sais combien de temps ce rêve dura mais j'en profitais, et l'éternité semblait défiler devant moi à la vitesse des secondes quand j'étais dans ses bras.
Ma tête sur sa poitrine, mon rêve reflétait la perfection, car j'entendais son coeur battre aussi harmonieusement que l'était sa voix. Il va sans dire que ne l'ayant jamais entendu réellement mon imagination avait parfaitement fonctionné. Puis son regard se pencha sur moi... je me relevais contemplant ses yeux reflets d'une âme plus douce que celle d'une enfant et son regard plus dévastateur que toutes les catastrophes naturelles.
Une fois debout je me rendis conte que nous étions allongés, il y a quelques minutes dans un champ et que nous nous trouvâmes actuellement sous l'ombre de hauts et sombres épicéas qui en bordaient les contours. « Elle » se mit debout à son tour... me regardant avec insistance son regard toisait mon âme, je détournais le regard, je craquais. « Elle » s'approcha de moi, puis déposa un baiser sur ma joue. Mes yeux se fermèrent, je ne résistais plus; je tournais la tête et mes yeux se noyant dans les seins mes lèvres heurtèrent les siennes. S'entremêlant alors elles se lancèrent dans ce jeux des baisers... je l'embrassais.
Nos yeux se fermèrent. Pour la première fois je l'embrassais... en rêve à mon grand désarroi mais c'était déjà ça. Et toutes les saveurs au monde n'arrivaient pas à la sienne j'idéalisais surment... ou pas; ... non il était fort probablement que je me trouvais à des lieues de sa saveur mon imagination ne pouvait pas la reproduire tout au mieux l'approcher mais jamais la recréer, mais une telle saveur devait exister et s'était « elle » qui l'a détenait.
Mes lèvres se décrochèrent avant de se replacer avec encore plus d'entrain sur les siennes plus ne se décrochèrent plus, j'allais et venais au grès des marrées de mon âme s'écrasant sur son c½ur.
« Elle » fendait l'air de sa beauté harmonieuse pour l'éternité, je touchais sa perfection... Ma fougue et mon besoin de l'embrasser avait eu raison de moi... le châtiment ne changea pas et resta le même malgré ma détermination à ne pas vouloir me réveiller... nos lèvres se détachèrent... un drame au pays des rêves, étais ce possible ? La sentence irrévocable j'avais été trop loin et je payais le prix le plus élevé.
On pourrait appeler un tel évènement un cauchemar mais impossible si « elle » en faisait parti. Doucement son visage se retira à moi tel la mer à ses heures de marrées. Je m'effondrais dans la réalité...
Trois heures quarante trois, je ne dormais plus et je ne dormirai plus. J'étais comme une glace au soleil je fondais littéralement de l'insupportable réalité, « elle » n'était plus ... disparu, l'insipide reprenant sa place... mais pas totalement cette fois, car «elle » s'était irrévocablement et implacablement insinuée dans mon esprit tourmenté, le rendant moins vide et dure qu'à l'habitude, entrevoyant presque une touche d'humanité...
[...] soigne à merveille l'insipide, « elle » me comble au pays des rêves... la réalité étant tout autre. Je ne révélais rien à celle qui m'avait sans nul doute et sans difficulté remarqué, moi et surtout mes sentiments à son égare. Je meurs d' « elle » dans la joie de cette souffrance... je m'endors encore dans la réalité ou mes rêves n'ont pas leurs places... [...] un rêve.
Kevin C.